Amis

Le mot Ami est pour moi synonyme de soutien, d’échange, de création, de possibles… car c’est par le dialogue que les idées peuvent éclore, c’est en étant plusieurs qu’elles ont une chance de se réaliser. Lorsque j’ai rêvé un concours de harpe pour les enfants, c’est dans la collaboration avec Vinciane et Agnès que ce dernier a pu voir le jour. Je suis une douce rêveuse, capable de grandes envolées lyriques et je fourmille d’idées et de projets… j’ai un peu la tête dans les étoiles et c’est pour cela qu’il me faut être entourée d’amis avec les pieds sur terre pour pouvoir réaliser tous ces projets.

Enseignement

La harpe est un instrument à multiples facettes, et être harpiste c’est être plusieurs personnes à la fois : cela ne me suffirait pas de travailler dans un orchestre car j’ai besoin de la rencontre avec les autres. Je suis consciente de la chance que j’ai eu d’avoir « reçu » autant de tant de merveilleux professeurs et le besoin de transmettre à mon tour est une évidence. J’avais déjà enseigné en France lorsque j’ai fait le nécessaire pour obtenir l’agrégation en Belgique. Je me sens très impliquée dans la vie de l’Académie de musique de Waremme, je privilégie particulièrement la rencontre avec d’autres classes. Cela me désole que la harpe soit un instrument quelque peu isolé et je fais tout pour la faire communiquer avec d’autres instruments. Ce que j’aimerais développer dans les années à venir, ce sont des projets interdisciplinaires. A travers l’enseignement de la harpe ce que je désire voir éclore c’est l’autonomie de l’élève, le voir tout doucement apprendre à se connaître et non rester figé, l’accompagner, respecter ce qui lui est naturel tout en lui apportant ce dont il a besoin pour aller de l’avant. L’enseignement est également synonyme de remise en question permanente.

Famille(s)

Mes familles sont très importantes pour moi : ma « lignée » m’a dès le départ consacrée à la musique : ma mère est musicothérapeute, particulièrement ouverte à la spiritualité. Elle fait un travail magnifique avec des gongs, sur le principe de la rééquilibration et de la transmission justement. Mon père, plus carré, se consacre à la musique contemporaine. Mon grand-père est quant à lui violoniste. Et on peut ainsi remonter notre arbre généalogique, et trouver, à chaque génération, un ou plusieurs musiciens. Au-delà de la musique, nous sommes une fratrie très proche, très soudée. S’il est vrai que mon frère et moi nous produisons ensemble, j’ai des liens très forts avec mes deux sœurs, et cette famille « en amont » tient une place importante dans la famille que mon compagnon et moi avons fondée depuis peu…

L’instrument

Si le choix d’être musicienne s’est fait naturellement, j’ai imposé la harpe au sein de ma famille. Il s’agissait d’un instrument qu’ils ne connaissaient pas, ils étaient réticents ; à l’exception du piano, il n’y a pas d’instrument moins indiqué pour un appartement parisien. Du reste, il n’est pas encore aujourd’hui un concert où l’on ne me demande s’il n’eut pas été plus pratique de chosir la flûte. Mais le choix de la harpe ne s’est jamais démenti, et je l’assume pleinement. C’est un instrument qui me fait rêver, qui a une symbolique bien à lui, un pouvoir évocateur que nul autre instrument ne possède. Je vous l’ai dit je suis une rêveuse : le son de la harpe est synonyme de cascades, de fées, de lutins, de personnages mythiques, de magie. Et puis à côté de cette dimension onirique, il s’agit d’un instrument terriblement sensuel, avec lequel le musicien entretien un rapport charnel. Il le tient contre lui, l’embrasse, produit un son différent selon la tension de ses doigts, tout comme au tir à l’arc la pression décide de tout. Le harpiste est un artisan musicien.

Musique

La musique c’est ma famille, elle a toujours fait partie de ma vie, s’est transmise de génération en génération : mon grand père, Haïm Lipsky lui doit sa survie à Auschwitz, et il a désiré qu’elle fasse partie de la vie de sa fille (ma mère) et de sa descendance. Je suis l’héritière de cette histoire. La musique s’est imposée à moi. La musique c’est ma famille, c’est mon histoire.

Nefeli

Notre duo de harpes… j’en rêvais depuis longtemps. Et lors de mes retrouvailles avec Agnès cela s’est imposé en toute simplicité : nous avions partagé le même professeur, nous nous complétons, et je pense que nous avons réussi à créer un univers qui nous soit propre au fil de nos concerts. C’est un tel plaisir d’aller ensemble à la rencontre du public.

Opéra et moi

La harpe a une place à la fois solitaire et soliste au sein de l’orchestre ; c’est un instrument facilement identifiable car porteur d’une couleur à part entière. Préparer une audition pour travailler au sein d’un orchestre est un métier en soi, avec peu d’élus. Quant au travail d’orchestre, il s’agit d’une expérience qui s’acquiert au fil du temps. J’ai eu beaucoup de chance de le vivre à Berlin, au sein de l’école-orchestre du Philharmonique. Cela m’a permis de me construire musicalement et a élargi mon expérience de la Musique avec un grand M. C’est à mon retour de Berlin que j’ai intégré l’ORW où j’ai eu le bonheur d’être accueillie à bras ouverts par des collègues qui avaient un métier encore différent, celui de musicien d’opéra. Le musicien d’opéra doit pouvoir à la fois accompagner une scène, être à l’écoute d’un chanteur et au service d’une mise en scène. J’aime l’idée de n’être qu’une infime partie d’un projet gigantesque tout en sachant que cette partie a son importance, et que si elle s’absentait il y aurait un manque. J’affectionne particulièrement les compositeurs véristes (Puccini, Mascagni) qui donnent à la harpe une dimension dramatique importante : à travers leurs œuvres je me fais plaisir.

Passion

Je suis passionnée par les échanges, les rencontres, la dimension de partage que la musique apporte. Un concert est un moment de communion avec le public qui vient à notre rencontre, avec ceux qui découvrent notre instrument. Et puis au-delà du concert, il y a le partage avec les élèves, les projets pédagogiques, aller à la rencontre des personnes qui ne peuvent pas se déplacer. La musique devient un canal, un moyen de combattre ma timidité naturelle, de m’exprimer.

Projets

Je poursuis toute une série de collaborations qui me tiennent à cœur - avec mon frère, avec Agnès, Harpegio, et suis ouverte à tout projet, à tout nouveau rêve. Depuis que je suis devenue maman de jumeaux, la petite enfance me tient à cœur. J’ai découvert les bébés, à quel point ils sont sensibles à la musique, à quel point cette dernière peut contribuer à leur développement. J’ai eu l’occasion de me produire à la crèche de mes enfants avec un ami conteur, et cette expérience m’a donné l’envie de créer un spectacle dédié aux petits, décliné de différentes manières. Mais chut, tout n’est pas encore prêt, c’est une idée que nous apprivoisons, et qu’entre amis nous sommes en train de construire.

Thalys

Le trajet Paris-Liège-Paris égrène le rythme de mon couple, de notre famille. Mon compagnon est journaliste à TF1, alors qu’entre l’ORW et Harpegio, je suis basée en Belgique. Nous avons fait le choix d’y acheter notre maison, et d’y élever nos enfants. C’est ainsi que la semaine a deux rythmes : du lundi au jeudi, je peux profiter seule de mes petits bouts – entre l’école, les répétitions, les projets et les jeux, et du vendredi au dimanche, c’est à 4 que nous savourons le bonheur des retrouvailles et de la vie de famille. C’est un peu atypique, mais cela nous permet d’à la fois nous accomplir dans nos passions mutuelles, tout en partageant une vie de famille.

Transmission

Je pense être quelqu’un de très fidèle : à mes racines, à mes valeurs, à ma famille… j’ai insisté sur l’importance de la transmission intergénérationnelle, mais il y a un autre type de transmission qui a toute sa place dans ma vie : les professeurs que j’ai rencontrés, les différentes écoles qui m’ont chacune apportée quelque chose : Annie Fontaine, ma « seconde » mère, dont j’étais très proche, qui m’a permis d’asseoir mes bases techniques et grâce à qui j’ai pu rentrer à Paris chez Isabelle Moretti et Germaine Lorenzini. Il y eut aussi Marie-Pierre Langlamet, au Philharmonique de Berlin qui m’a beaucoup apporté dans cette expérience unique ainsi que Marielle Nordman qui m’a guidée vers la dimension spirituelle de la harpe et l’apport de confiance en moi.